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15/2/2009 -

Encyclopédie capricieuse du tout et du rien de Charles Dantzig

 

Encyclopédie capricieuse du tout et du rien

 

Quand je me dis que j'ai dépensé 25€ pour acheter ce livre alors que je n'avais pas vraiment entendu de bonnes critiques, je comprends pourquoi les médias écrits sont désertés (1). Enfin je me dis que mon amour de la littérature passe aussi par un amour de l'objet-livre, alors 25€ pour posséder un objet, c'est bon, ça fera une bonne déco (enfin seulement quand je l'aurais sorti du fond de mon armoire en l'ayant recouvert de papier journal pour faire une nouvelle couverture).

Je pense que réduire le titre à un seul mot - le dernier - aurait évité à beaucoup de gens la désagrable surprise de se retrouver face à un livre des plus mauvais. Pour reprendre la désagréable impression d'avoir à faire à un recueil de liste de course ou de chose à noter pour ne pas les oublier - oui je sais c'est fait exprès, mais je déteste ça c'est tout sauf littéraire - écrite avec un style fantasque pour faire faire chic. Je vais moi même faire une liste de ce qui m'a déplu.

 

 

Les choses...

...pitoyables

Le style extrêment précieux donnant l'impression d'un livre lançant un nouveau courant littéraire : le "Matuvu".

Le fier étalage d'une culture sans limite (là aussi c'est un nouveau littéraire, le "Jesètou").

Le mot chic.

La modestie ratée faisant entendre en écho : "Ouais, je suis génial..."

...invraisemblables

Les postulats visant à ridiculiser tous les auteurs français.

La volonté d'écrire une oeuvre "littéraire" (je le mets entre guillemets car si la volonté existait sans doute le résultat n'y est pas) à partir de la chose la moins faite pour ça, la liste. Je suis cependant certain qu'un autre auteur peut transformer une simple liste de course en un livre extraordinaire. D'ailleurs le livre n'a ni la beauté drôlesque, originale et explosive des Miscellannées de Ben Schott, ni l'intelligence extraordinaire et la poésie du Je me souviens de Georges Perec.

La volonté de s'affirmer comme chic, élégant, raffiné, intelligent, grand, étonnant, brillant, cultivé (rayer la ou les mentions inutiles...) et donc tellement mieux que les autres.

L'essai totalement vain d'expliquer qu'on ne peut aimer que l'Angleterre et le dandysme quand on est un auteur (donc les aimer fait de soi un auteur génial).

...stupides

L'attention inutile portée au choix des mots (c'est sans doute ce qui a pris le plus dans la conception du livre). [Cf: Les choses... ... pitoyables pour avoir mon avis sur ce style]

L'intention débile de faire mieux parce que différent. La volonté - peut-être inconsciente - de se distinguer par le haut.

L'utilisation du mot "chic" à toutes les sauces. Souvent décliné avec le mot : "anglais" ce qui n'est pas un mal en soi.

La volonté de se distinguer des autres et donc du commun des mortels.

L'intention, la réalisation, la publication et la fierté d'une somme de rien collés les uns aux autres.

 

 

Pourtant, on me fera remarquer que j'ai un amour immodéré pour la figure du dandy et l'Angleterre. On me fera remarquer aussi que j'essaye de me distinguer des autres (mais par le bas), et que je suis aussi une sorte d'iconoclaste de la littérature. C'est vrai, mais je suis quand même bien loin de la stupide volonté de prouver que je suis le plus grand auteur du siècle, que je suis un incompris (comme tous les grands auteurs), que si mes livres se vendent c'est parce que les gens ont compris que ce serait moi et pas Ormesson qui passerai à la postérité.

Non, je n'ai pas aimé ce livre, je crois même que je l'ai détesté. Il a pourtant une vocation louable, l'auteur veut montrer qu'il est possible de dépersonnaliser des écrits basés sur un support exclusivement subjectif (les listes). Le postulat me plairait peut-être, mais le dessein est à peine esquissé, l'auteur ne réussi pas à dépersonnaliser, et lorsqu'il le fait (enfin lorsqu'il croit qu'il le fait) il cherche - semble-t-il - à nous faire culpabiliser de ne pas penser comme lui (ce qui va à l'encontre de toute dépersonnalisation réussie). En plus de cela, les listes - bien que tentant d'être dépersonnalisées - semblent être des révélateurs de son caractère, un prisme par lequel regarder pour mieux le voir. Je crois malheureusement que c'est volontaire (et ce malgré le dénie de l'auteur). Un livre plat, pire que l'insupportable Jacques le Fataliste qui avait au moins l'avantage de provoquer en moi des réactions de dégoût.

Pour continuer à en parler je vais m'interroger sur le sens de cette littérature. C'est très simple, la réponse tient en dix ou vingt mots : cette littérature n'a aucun sens si ce n'est de prouver qu'elle n'en est pas. J'ai trouvé ce livre totalement bouffi, tant par sa taille que par l'orgueil contenu dans ses lignes. L'auteur nous conseille (dans l'une des listes) de ne pas lire les livres "manuels" ("Comment comprendre les femmes?", "Bien gagner sa vie."), dans le principe c'est vrai que c'est primordial. Cela dit j'aurais peut-être dû lire L'Art des listes de Dominique Loreau avant de commencer Dantzig, ça m'aurait peut-être aidé à apprécier cette "encylopédie" (en plus je suis certain que c'est beaucoup plus littéraire et intéressant...). C'est un livre unique qui nous emmène dans les bas-fonds de la fausse littérature, peut-être le pire que j'aie lu. Il m'a cependant convaincu d'écrire moi aussi des listes. Alors j'ai pris un cahier bleu que j'ai commençé avc cette listes : "Les livres les plus inutiles, stupides, effrayants, mauvais, en-deçà de toute littérature, dont le commentaire est ineffable (rayer la mention inutile)" J'ai inscrit en majuscule le nom de l'encyclopédie. Je ne suis pas mécontent... (Pour l'instant c'est la seule liste, et c'est aussi le seul livre, mais je compte faire 800 pages moi aussi).

J'aurais pu terminé par une note de misérabilisme en disant : "pauvre littérature française, pauvre france, pauvre littérature, pauvres auteurs, pauvre monde..." mais je ne le pense pas alors autant ne pas le faire. Je veux bien dire d'un livre qu'il est mauvais, mais je ne veux pas non plus utiliser cela pour prétexter que tout est mauvais, un peu d'énervement mais pas trop de lyrisme ou de spleen (petit rappel à l'usage des critiques littéraires actuels... je dis ça l'air de rien bien sur, je ne donne pas de leçon. Je débute moi, je connais rien à ce qui fait vendre...)

J'aurais aimé aimer ce livre. Le postulat, l'essai si je puis dire, est passionnant. En effet l'idée de partir d'une base qui n'est absolument pas littéraire est intéressante, tout comme la volonté de transformer ce qui est impersonnel et absolument subjectif en un objet personnel mais objectivé. Un livre lisible.

L'éditeur écrit sur la quatrième de couverture que c'est "un livre sans équivalent", là je suis totalement d'accord. Dommage que ce ne soit pas un compliment...

 

(1) Je dis ça parce que je l'ai acheté à cause du tapage des médias écrits. Du coup je comprends que plus personnes ne les achètent, s'il les livres qu'ils mettent en avant sont toujours ceux qui sont les moins littéraires mais les plus commerciaux...

Tags : actualite livres listes dantzig critique litterature Encyclopedie capricieuse du to Charles Dantzig actualite litteraire

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11/12/2008 -

Fille des pierres

 

Me revoilà après un certain temps d'absence je poste à nouveau, je n'ai pas posté pour des motifs divers et variés, mais me revoilà avec d'abord une critique de bouquin auquel suivra peut-être un article politique ou pas. Nous verrons ensuite, mais je parlerais de Noël, c'est une fête inévitable.

 

 

Violence et douceur, rage et amour se mêlent dans ce roman à l'ambiance atypique. Jella est une jeune fille, une toute jeune fille, coupable d'être la fille de cette femme qu'elle chérie tant. Violemment belle, elle doit se battre et fuir pour échapper aux hommes. Son seul véritable refuge étant la montagne, beaucoup plus belle, beaucoup plus forte que la Puszta plate qui la répulse tant.

Silences pleins, précipices creux, amours vides, bonheurs malheureux, à cela se résume ce roman qui fait avancer l'histoire par à-coups sensitifs. La brutalité intime - parfois violente voire choquante - grâce à laquelle l'auteure hongroise du début du siècle exprime les sentiments est unique. Je ne connais aucun autre auteur qui ait réussi cette savante alchimie entre l'acerbe et âpre description des sentiments et du paysage et le sentiment du lecteur. Ainsi la beauté de ces montagnes déchiquetées, violentes mais tellement belles, tellement proches que voit Jella nous transperçe les yeux, les pleurs acides de Jella nous brûlent les joues, sa course effrenée pour fuir nous entaille les membres, sa recherche violente de l'amour nous blesse au coeur. Brillant d'une douceur extrême ce roman nous emporte à la fois dans un lieu, dans un corps, une âme mais aussi - et surtout - dans une pensée. On pourrait lui reprocher la même chose qu'au structuralisme levi-straussien c'est à dire que ce roman délivre a way of looking at things, une façon de voir les choses, unique, spécifique, philosophique - et d'ailleurs presque métaphysique - mais dans une quête immodérée de vérité, d'universalité. A travers ce roman c'est toute une vie qui se dessine, une vie forte et atypique où Jella cherche l'amour et la compréhension, mais à trop chercher c'est elle que Jella perd. La leçon réside ici, l'amour nous prend toujours mais ne nous rend jamais.

Brillant par la qualité de la traduction de Marcelle Tinayre (chez Viviane Hamy), ce roman n'est pas seulement un moyen passif de passer du temps. La lecture de l'histoire de cette "petite âme errante des montagnes" nous apprend beaucoup sur l'homme, nous apprend beaucoup sur nous ; car à voir se perdre Jella c'est toute une face de nous que l'on apprend à dompter, toute une face de notre être qui se révèle être sensible et frustre mais que l'on apprend à prendre en compte, à regarder.

Ce roman m'a bouleversé et ma capacité - trop souvent douloureuse - de visualiser les choses en images m'a violemment frappée. Comment peut-on vivre ainsi ? Ce qui fait la spécificité de ce livre, ce qui fait l'unicité de ce style c'est son approche primitive, presque naïve, du sentiment. C'est à dire une approche intellectuelle mais pas forcément intellectualisée, une espèce d'approche qui se résume à un simple - sans être simpliste - compte rendu du sentiment. Mais au fond, n'est-ce pas là la plus pure et la plus innocente façon d'exprimer un sentiment ? Réflechir là dessus c'est se poser cette question, le ressenti pousse-t-il à une intellectualisation ? Doit-on tout intellectualiser ? Et s'il n'y a pas de volonté d'intellectualiser, n'existe-t-il pas toujours une intellectualisation passive ? Ce livre trahi forcément une intériorisation du message sensible et donc une intellectualisation, mais l'auteur s'est attachée à décrire le sentiment avec les bons mots, pour qu'il soit sensé. Alors ce livre répond oui à cette question de l'intellectualisation, oui le message sensible est intellectualisé dans ce livre, mais il l'est pour être plus réél, plus compréhensible, plus violent et peut-être plus vivable par les personnes qui le lisent.

A travers ce roman c'est une qualité poétique qui se dévoile, un apprentissage douloureux et cruel, profond et sensible de la vie d'autrui. Un moyen de prouver peut-être que c'est à travers l'expérience des sentiments que l'homme apprend à vivre. Oui, ce roman a changé ma vie. Cécile de Tormay présente ici une oeuvre brillante et brillamment écrite, la langueur calme et douce des silences, la violence acerbe et crue des sentiment de Jella, tout transparaît à travers ce livre. C'est alors un lien de transcendance qui se met en place avec le lecteur, le message passe, s'imprime et ils nous mord au plus profond de l'âme. Si la lecture de ce livre ne nous apprend certe pas à être nous-même, si la lecture de ce livre ne nous enseigne pas ce que nous sommes ; elle nous offre au moins la possibilité de voir ce que peut être la vie, ne serait-ce que celle de cette fille trop belle, trop forte et pourtant trop fragile. A travers l'impressionnante description de la solitude du milieu, de l'être et de ses sentiments, c'est un art littéraire ainsi qu'une profonde capacité à regarder que montre ici Cécile de Tormay.

Comment ne pas s'imaginer dans ces montagnes ? Comment ne pas se mettre à détester cette Puszta dans laquelle nous vivons, cette étendue plate et pleine que Jella voit triste, dangereuse car tellement inconnue. Cette fille des pierres, ne trouve meilleure compagnie que dans le silence de ses montagnes, accompagnée de ses pierres, de son troupeau, de son âme. "Là-bas, au mileu des pierres, il faut lutter. Parfois le vent est plus fort, parfois les hommes." A travers cette phrase c'est toute la vie de Jella qui s'esquisse, toute l'histoire de cette fille si belle mais si forte. La vie de Jella, un éternel combat entre l'être et le soi, un éternel combat aussi puissant et grave que celui de la Puszta et de la montagne. André Rez l'homme de la Puszta, Jella la fille des pierres, Pierre l'homme neutre. A travers ces trois personnages c'est la carnation de trois états de l'homme qui se délivre : le faible, le fort, le fou.

Ce roman est une histoire d'amour entre la femme et la montagne, entre la femme et l'homme mais aussi entre l'auteur et la lettre, entre l'auteur et l'âme humaine, entre l'auteur et le paysage. Le style et le cadre instauré par l'auteure ne s'apprécie en effet que lorsque notre coeur bat à l'unisson avec celui de Jella, avec celui des pierres et du silence, avec celui de la montagne, peut-être juste quand notre coeur bat en accord avec autrui, ce qui signifie qu'il bat en accord profond avec nous-même. Car la montagne et le silence sont partie intégrante de Jella, de son être. La montagne est à Jella ce que la Puszta est à André Rez. Quelque chose d'ineffable, d'inhérent. L'enjeu est peut-être là : chercher à se saisir dans son intégralité, à se comprendre soi - non pas par jeu ou par Ã©gocentrisme - par nécessité, pour pouvoir comprendre l'autre.

"Jella crut qu'à travers l'ouverture verte de la forêt il (André Rez) contemplait les montagnes. Elles lui appartenaient. Elle sourit fiérement :

- N'est-ce pas qu'elles sont grandes ? N'est-ce pas qu'elles sont belles ?

- Qui ? demanda-t-il songeur.

- Les montagnes, donc !

André poussa un soupir :

- Ah! Si toutes ces maudites pierres pouvaient s'effondrer pour que je puisse voir au-delà!...

Elle resta bouche bée. Une seconde elle détesta cet étranger qu'elle ne pouvait comprendre.

- Tu ne peux donc aimer que la Puszta ?

Elle se pencha en avant. Elle attendait une protestation, mais André se taisait. D'où il était venu les hommes parlaient peu. Les paroles, les gestes ont une grande importance dans la plaine. Tout se voit, s'entend de loin."

Un livre unique qu'il ne faut pas lire pour le rattacher à un sentiment, qu'il ne faut pas lire pour le rattacher à un courant. Un livre qu'il faut lire pour comprendre, pour connaître, pour faire l'expérience. Un livre qui transcende - en quelque sorte - toutes les notions qui rattachent une oeuvre à d'autres oeuvres. Un livre présent pour exister ; et là est l'essentiel, exister c'est faire entendre sa voix propre, son unicité, sa beauté intrinsèque, c'est transcender toutes les catégories de classement pour se montrer là, sans orgueil. Fille des pierres est le genre de livre qui ne laisse pas indifférent, il s'imprime négativement ou positivement, mais il marque et il nous marque. C'est aussi un livre qui ne vient pas naturellement à nous, c'est un livre qu'il faut aller chercher, une espèce d'utopie littéraire auquelle il faut s'accrocher sans se perdre - et là est le risque - une utopie qu'il faut comprendre, certes, mais qu'il ne faut surtout pas analyser.

Pour moi, une des oeuvres marquantes de l'histoire littéraire européenne du début du siècle, pas incontournable, ni forcément meilleure ou brillante (puisqu'il transcende les catégories), mais juste une oeuvre lisible et existante. Ce livre a aussi l'avantage de nous offrir une clé pour saisir la pensée, la littérature et l'histoire hongroise, une clé parmi d'autres, mais une clé superbe. Mais ce livre n'est évidemment pas parfait, au-delà de cette brillante et unique composition avec les sentiments, la structure du récit, sa cohérence, son déroulement est parfois chamboulée et frise le non-sens. Il m'est arrivé plusieurs fois de me perdre dans ces espèces d'apartés contemplatifs, et de me rendre compte trente pages plutard que je n'avais rien saisi de la structure du récit à partir de ce moment. Qu'était-il arrivé ? Qu'en était-il de la date, de André Rez, de Pierre, de Jella ? La question fatidique pointait alors : est-ce qu'il y a une structure qui me permet d'y répondre ? Cependant là aussi est la beauté de la chose, ce livre est un livre primitif qui ne cherche pas à rendre compte d'une exactitude, qui ne cherche pas le réalisme. Non, ce livre est un livre simple qui ne cherche rien d'autre qu'à s'exprimer ; mais qui provoque toujours la création d'un germe, celui de l'acuité sensible.

J'ai aimé ce livre, et je vous le conseille... C'est un livre qui fait du bien par ce qu'il créé et ce qu'il véhicule, mais qui peut faire mal par ce qu'il raconte. Car non, il n'existe pas de fin heureuse à ce livre - de toute façon elle aurait été ridicule. Ce combat de Jella est similaire au combat entre la Puszta et la montagne, dit très justement le paragraphe de la quatrième de couverture, et il n'y aura pas de vainqueur. La vie de Jella est une vie de combat, et le combat - même celui de la justice, de la vérité, du bonheur et de l'amour - ne se termine pas toujours en apothéose.

Tags : fille des pierre critique Livre Lire Viviane Hamy litterature Cecile de Tormay Hongrie Litterature hongroise Marcelle Tinayre XIXeme siecle

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30/7/2008 -

Une mosaïque découverte à Alès,

 

Des étudiants d'archéologie travaillant sur la mosaïque.

 

Après l'agitement que j'ai connu avec l'aguiche d'Harry Potter me voilà à nouveau secoué par une actualité stupéfiante et joyeuse. Fabienne Olmer, chercheuse au CNRS vient de mettre à jour à Alès dans la Gard, une mosaïque de 36m² datant de l'époque de César, début de la romanisation de la Gaule.

 

Cette découverte est extraordinaire, tant par la qualité de la mosaïque datant de l'an 50 avant notre ère que par son exception. C'est d'une part: "la plus grande [mosaïque] jamais découverte datant de cette période-là", et d'autre part exceptionnelle par la qualité de sa polychromie. Elle serai située dans la maison d'un Gaulois sans doute riche et puissant.

 

Ca fait du bien de voir une si belle découverte dans le contexte international et economique actuel, ça me console un peu.

Voici quelques liens pour avoir quelques articles plus complets:

Le Figaro : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2008/07/30/01011-20080730FILWWW00477-une-mosaique-mise-au-jour-a-ales.php (Dépêche).

Midi Libre : http://www.midilibre.com/articles/2008/07/30/20080730-FAIT-DU-JOUR-La-mosaique-retrouvee-ornait-la-maison-d-39-un-Gaulois.php5 (Article).

Midi Libre : http://www.midilibre.com/articles/2008/07/30/20080730-FAIT-DU-JOUR-Fabienne-Olmer-Continuer-mes-fouilles.php5 (Interview de la chargée de recherche).

Le Point : http://www.lepoint.fr/actualites/grande-coloree-et-gauloise-une-mosaique-exceptionnelle-mise-au/914/0/264060

Tags : Fabienne Olmer Archeologie Gaule Ales Mosaique

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30/7/2008 -

La Bande-Annonce de Harry Potter and the Half-Blood Prince

 

Bonjour, j'ai sans doute oublié de vous préciser que j'étais un fan -presque incontesté et inconditionnel- d'Harry Potter. C'est pour ça que partageant la souffrance de centaine -voire de milliers- de fan vivant dans notre fuseau horaire, j'attendais de pied ferme la bande-annonce d'Harry Potter. L'aguiche était en effet diffusée entre 21h et 21h15 sur la côte est des états-unis. Me souvenant rapidement que le décalage horaire était de 6 heures exactement, j'ai fais mon calcul sachant que je devrai veiller jusqu'à 3 heures du matin. Oui je sais, être un fan absolu des livres empêche souvent d'être un fan absolu des films, eh bien je fais mentir cette règle. Qu'importe.

 

D'un point de vue critique (je critique toujours tout et je trouve toujours quelque chose à redire), je trouve cette aguiche (teaser car ce n'est pas un trailer... Bref...) pas tout à fait à mon goût. D'abord elle ne brille pas par sa qualité, bien qu'elle soit relativement cohérente -nous n'avons pas de superpositions d'images du film ni de superpositions de petites scénettes en voix off. Pour moi elle n'est pas assez annonciatrice du film, elle nous montre un extrait et nous donne envie évidemment mais c'est la première aussi je la trouve trop simpliste, pas assez précise. La bande-annonce se déroule sur deux scènes dépendantes l'une de l'autre, la discussion entre Harry et Dumbledore et Dumbledore en visite à l'orphelinat de Tom Jedusor. En fait, le deuxième extrait n'est que la conséquence du premier, en effet le tube que tiens Dumbledore est celui qui contient le souvenir de sa rencontre avec Tom, et le lien entre les deux n'est autre que le plongeon de la tête d'Harry dans la pensine. Si je la trouve intéressante c'est aussi dû au fait qu'elle est mystérieuse et qu'elle rend -pour moi- compte de l'ambiance du livre. Tout à l'air un peu sombre, étrange, les plans ont l'air étudiés pour provoquer deux réactions chez le spectateur, la peur et l'admiration. C'est du moins ce que nous lance l'aguiche. J'ai une hâte évidente de voir le film.

 

Une autre petite remarque Ã  propos du casting. Alors un puissant "merci et bravo" au réalisateur, David Yates, pour son choix quant à la personne de Voldemort enfant. Hero Fiennes-Tiffin incarne le parfait Tom, les simples regards que l'on croise de lui  sont assez puissants et destabilisants. Ce garçon possède une force, une aura surréaliste, c'est vraiment extraordinaire. Alors les mauvaises langues disent qu'il a été choisi parce qu'il est le neveu de Ralph Fiennes, le Voldemort adulte, mais David Yates lui dément, un article de La Gazette du Sorcier (dont voici le lien : http://www.gazette-du-sorcier.com/PSM-Photos-de-Tom-Jedusor-et,1096) le prouve. Cependant cela ne peut être qu'une manipulation des médias. Dans tous les cas, moi je l'aime ce gamin, et je l'aime ce Tom-ci! Ma dernière remarque va à Sir Michael Gambon qui -bien qu'ayant eu du mal à remplacer Richard Harris dans mon coeur- s'adapte plutôt bien au rôle. Il me parait ici tout à fait à son aise. Quant Ã  la scène dans l'orphelinat où il provoque un feu d'un regard pour prouver au malicieux Tom Jedusor qu'il est lui aussi "différent". Je dirais que l'effet spécial à l'air assez bien fait. Là encore cependant je m'avance, je critiquerai le film une fois sorti infirmant ou affirmant mes précédentes remarques.

 

Voici une image de ce petit garçon digne d'un film d'horreur, elle est une capture tronquée de la photographie officielle issue de la bande-annonce:

 

 

Allez pour le plaisir, le mien et le votre, voici les liens de la bande annonce :

Pour la voir directement sur msn : http://video.msn.com/video.aspx/?mkt=en-gb&vid=bc682eef-e76b-467a-9684-2ffebc997b91&playlist=videoByUuids:uuids:559dc068-6410-4b44-b816-14f629c281dd,986e16ee-2961-4c52-a01c-90794bcf7ec3,3e1ccfe0-654d-4c6f-9b72-3835db18eb77&from=ENGB_msnvideo&tab=s1204298895071&from=today_u21&wa=wsignin1.0&vv=600

Pour la voir sur aol et la télécharger dans différents formats : http://www.moviefone.com/movie/harry-potter-and-the-half-blood-prince/27063/main

Pour la voir en sous-titré français selon la gazette (moi je fais le mien...^^) là voici: http://www.gazette-du-sorcier.com/Prince-de-Sang-Mele-enfin-la-video,1097

 

Bien à vous. Votre bloggeur en chef (euh avec une lectrice irrégulière et un lecteur occasionnel...^^)

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23/7/2008 -

Tristan et Iseult

 

Tristan and Isolde - Edmund Blair Leighton

Huile sur Toile, 1902, collection privée.

 

Laissant sans lendemain ma huitaine de lecture d'oeuvres actuelles -pour lesquelles j'ai déboursé une cinquantaine d'euros- j'ai décidé de (re)lire un classique de la langue française: Tristan et Iseult. Finissant aimablement avec la douce littérature moderne, je me lance dans un mythe. Pour (re)lire une version de ce mythe déjà lue? Pourquoi reprendre dans une bibliothèque un piteux livre du poème Tristan et Iseult de Béroul dont il manque le début comme la fin? Non, vous me connaissez trop pour savoir que je n'aurais jamais fait ça. (Bon d'accord, si j'aurais pu le faire...) Me souvenant alors que j'avais réussi à chiner pour quelques euros, une vingtaines de livres à lire, je tentais de me rapeller des titres. Et là, lumière! Une ampoule s'allume sur une image d'un livre de 1983, Tristan et Iseult par René Louis, la couverture étant ornée d'une illustration de Maître Luce du XVè siècle. Imaginez ma joie à la découverte d'une telle perle dans ma bibliothèque, souriant un instant, je me souviens avoir senti le regard de la bibliothécaire se poser sur moi. Cela m'importa peu, me relevant difficilement je me hissai jusqu'à la sortie.

 

Je suppose que le récit de cette découverte vous importe peu, tant pis. Je passe donc maintenant à mes commentaires sur ce livre. Malgré la lourdeur du style présenté dans le préface par René Louis lui-même, je me rends très vite à l'évidence, ce récit n'est pas lourd. D'abord, qu'est-ce-que ce livre, qui est René Louis, pour qui se prend il? Mystère? Non. Ce livre est un renouvellement du récit de Tristan et de sa belle blonde en français moderne. Il est effectivement composé par René Louis, médiéviste de son état (mort? Je ne sais pas, mais je le suppose), à partir des textes des XIIè et XIIIè siècles. A l'image de son mentor Joseph Bédier, René Louis renouvelle l'histoire des deux amants. Bien que quelques détails changent entre les deux versions, l'essentiel est là. La plume de Louis est d'une extraordinaire douceur, tout s'écoule lentement, le flot des mots est doux et l'âme s'emporte sans retenue dans ce récit. Le récit en lui même ne fait que 249 pages et se lit aisément en une ou deux heures à pleine concentration. Le médiéviste choisit de fragmenter le récit en 36 (XXXVI) chapîtres aux noms évocateurs, et il suffit presque de lire ces titres pour lire l'histoire.

 

D'un point de vue strictement littéraire, cette oeuvre m'a beaucoup plu, mais évidemment c'est un mythe celtique! René Louis simplifie presque le récit, tout découle. J'ai d'ailleurs été révolté par certaines formules trop simplistes ("Comme, assis côte à côte, ils échangaient quelques propos, ils eurent soif l'un et l'autre et se le dirent"), à la limite du conte pour enfant ; mais qu'importe! Certains points changent évidemment pour la bonne cause: rendre la vérité à ce récit par l'étude poussée des textes d'origine. J'apprend ainsi que Tristan perd sa mère d'abord, mourrant en couche, puis son père prit dans un guet-appens lors de ses quinze ans. C'est donc dès ses 7 ans que Rivalen juge son fils apte à suivre un entrainement avec un écuyer, Gorvenal. C'est cet écuyer qui juge la protection d'un sénéchal du Loonois trop moyenne pour la sécurité de Tristan et qui décide de l'emmener en terre d'Armorique rejoindre le Roi Marc, souverain des Cornouailles. L'on découvre aussi que Tristan exige de mentir à son oncle pour obtenir sa protection sans que celui-ci ne sache qu'il est son neveu, cherchant plus la reconnaissance d'effort que de famille. Ce n'est que plus tard dans le récit que Marc apprend la vérité et découvre que Tristan est le fils de Rivalen et de Blanchefleur. Enfin -pour ne citer que les détails les plus marquants- c'est en toute conscience qu'Iseult la Blonde boit le vin herbé préparé par sa mère pour lui faire connaître un parfait amour avec Tristan pendant trois ans.

 

Ce besoin de revivre les classiques est mystérieux, ce besoin de (re)lire Tristan et sa belle Iseult m'étonne, surtout que ce n'est pas le récit que je préférais. Me voilà donc en chemin pour terminer la lecture des classique médiévaux, je compte sous peu me lancer dans le roman de Renard, mais mon temps est pris par autre chose: trouver un placard à Paris, qui a dit que c'était simple?

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